Alors, écrire un roman // Así que, escribir una novela

Alors, écrire un roman

Ecrire ses réflexions, voilà ce qu'il reste à l'homme ou à la femme solitaire à défaut de savoir les partager au vol avec les gens qui nous entourent.

 

 

L'an dernier, nous venions de nous installer à Montpellier, et je tombai par hasard sur une annonce.

 

«Atelier d'écriture, français et anglais»

 

Et un numéro de téléphone. Je m'empressai d'appeler, et quelques jours plus tard je me retrouvais assise autour d'une table avec 4 autres personnes à rédiger mon premier texte depuis des mois. Je puisais l'inspiration en mon for intérieur, et à ma grande surprise, j'étais même capable d'écrire quelque chose de convenable. Après deux séances, le professeur se lance  : «  Coralie, vous devriez songer à écrire un roman  ».

 

Ecrire un roman!? Rien que ça.

 

C'était sans compter ma panne d'inspiration depuis plus de deux ans. Je n'ai jamais vraiment été très inspirée à dire vrai. Sauf en 1999, j'avais alors 15 ans. Cet été là, lors d'un voyage à La Réunion avec mon père, j'avais rédigé une cinquantaine de pages, dans lesquelles je me souviens d'avoir écrit au sujet du crash d'un Boeing égyptien qui avait fait des centaines de morts sur la côte est de Etats-Unis. Plus tard, de 16 à 20 ans, je tenais un journal intime avec une couverture en cuir dans lequel je décrivais, entre autres, mes passions amoureuses. Je ne tarissais pas d'imagination. Adolescente, j'avais également lancé au lycée un atelier d'écriture, qui était animé par une bibliothécaire, avec le recul, une femme enjouée, passionnée de littérature et de piano classique. Ensuite, je suis partie vivre en Espagne, j'ai alors découvert la musique, et j'ai composé quelques chansons et quelques spectacles. L'imagination ne venait pas tant du fait d'écrire, mais de fabriquer avec ma propre voix, de constituer le timbre, le rythme, et de partager simultanément. A différence de l'écriture, qui naît de l'anticipation et qui perdure dans le temps, la création musicale était un acte jouissif, spontané et purement éphémère. Le temps semblait s'être arrêté.

  

Así que, escribir una novela

Escribir sus reflexiones, eso es lo que le queda al hombre o a la mujer solitaria cuando no saben compartirlas al vuelo con la gente que los rodea.

 

El año pasado, acabábamos de instalarnos en Montpellier, y por casualidad caía entre mis manos un anuncio. 


"Taller de escritura, francés e inglés"

 

Y un número de teléfono. Me apresuraba en llamar, y algunos días más tarde ya estaba sentada en una mesa con 4 personas más, redactando mi primer texto en meses. Desde mi ser interior sacaba la inspiración y, sorpresa para mí, incluso fui capaz de escribir algo decente. Después de dos sesiones, el profesor se lanza: "Coralie, usted debería pensar en escribir una novela". 

 

¿¡Escribir una novela?! Nada más que eso.

 

Pero era sin contar con mi bloqueo creativo desde hacía más de dos años. A decir verdad, nunca he sido realmente muy inspirada. Excepto en 1999, entonces tenía 15 años. Aquel verano, durante un viaje a la Isla de la Reunión con mi padre, había redactado una cincuenta páginas en las que contaba el crash de un Boeing egipcio que había causado la muerte de varios centenares de personas en la costa este de los Estados Unidos. Después, de los 16 a los 20, tenía un diario con tapa de cuero en el que describía, entre otras cosas, mis pasiones amorosas. No me faltaba imaginación. Adolescente, también había creado en el instituto un taller de escritura; lo animaba una bibliotecaria, con la distancia, una mujer entusiasta, apasionada de literatura y de piano clásico. Luego, me marché a España, y allí descubrí la música. Incluso escribí alguna canción y algún espectaculo. La imaginación no nacía tanto del hecho de escribir, sino más bien del hecho de fabricar con mi propia voz, de constituir el timbre, el ritmo, y el compartir simultáneamente. A diferencia de la escritura, que surge de la anticipación y que perdura, la creación musical era un acto liberador, espontáneo y puramente efímero. El tiempo parecía haberse parado.     

 

 

 


 

Mais voilà, depuis deux ans, plus rien. Ni musique ni littérature. Même ma petite imagination était partie en fumée. Ou plutôt au service d'une entreprise pour laquelle je travaillais 9 heures par jour à des projets qui n'avaient guère de sens à mes yeux. Alors, écrire un roman...  

 

 

 

Pero ya, desde dos años, nada. Ni música ni literatura. Incluso mi pequeña imaginación se había esfumado. O más bien se había empleado en desarrollar los proyectos de una empresa para la cual trabajaba nueve horas diarias, aunque no tuviera sentido para mí. Así que, escribir una novela...

 

 

 


0 comentarios

Un dimanche comme les autres // Un domingo cualquiera

Un dimanche comme les autres

Un village colonial, traversé d' une rivière, lieu de rencontres et de dimanches en famille.  Empanadillas de queso de cabra, napolitanas, cervezas, papayas, pastelitos. Nous voilà installés sur un tronc d'arbre et un banc de fortune, sous quelques bambous verts. Le soleil est haut et frappe fort, mais l'air remontant du cours d'eau est rafraîchissant. Déjà de jeunes gens se baignent. Ils sont trois, ils jouent, ils s'éclaboussent les uns les autres, manquent de perdre pied et parfois d'être emportés par le courant, crient et rient tandis que leur mamita, assise sur un pneu, surveille sa progéniture d'un œil bienveillant, seulement à moitié inquiet. Une cafetière fumant sur le feu.

 

La rivière parcourt la vallée, le paysage est majestueux, fier, honorable  : l'eau vive, claire et sauvage coule entre les montagnes couleur ocre, parsemées de cactus fleuris, et au dessus de nos têtes le ciel azur, la lumière éblouissante. Sous nos pieds, pas vraiment du sable, la caillasse, des milliards de pierres noires, grises et blanchâtres. Et flottant au loin, au sommet d'une église presbytérienne, le drapeau chilien.

 

Un dimanche comme les autres.

  

Un domingo cualquiera

Un río cruza un pueblo colonial, lugar de encuentros y de domingos familiares. Empanadillas de queso de cabra, napolitanas, cervezas, papayas, pastelitos. Aquí nos instalamos en el tronco de un árbol y un banco improvisado bajo bambús verdes. El sol está alto y golpea duro, pero el aire que sube del río es refrescante. Ya los jóvenes nadan. Son tres, juegan, chapotean entre sí, perdiendo pie y a veces como arrastrados por la corriente, gritan y ríen, mientras su mamita, sentada en un neumático, observa a su progénitura con ojos mitad benévolos mitad preocupados. Un café humeante en el fuego.

 

El río corre a través del valle, el paisaje es majestuoso, orgulloso, honorable: viva, clara, el agua fluye salvaje entre las montañas de color ocre, salpicadas de cactus floridos, y encima de nuestras cabezas el cielo azul, la luz deslumbrante. Bajo nuestros pies, no es realmente arena, son cantos rodados, miles de millones de piedras negras, grises y blancas. Y flotando en la distancia, encima de una iglesia presbiteriana, la bandera chilena.

 

Un domingo cualquiera.

 

 


 

C'est le cadre parfait pour ne penser à rien, tremper les pieds, s'allonger sur le sol brûlant, fermer les yeux, laisser son corps se consommer, sentir la peau craqueler, écouter le monde tourner sans en prendre trop part. Pour cela, il faut savoir s'éloigner un peu du groupe, sans donner d'explications, et jouer un peu la solitaire.   

 

 

 

Este es un lugar perfecto para no pensar en nada, remojar los pies, tirarse en la tierra ardiente, cerrar los ojos, dejar que su cuerpo se consume, sentir las grietas de la piel, escuchar las vueltas que da el mundo sin tomar demasiado partido. Para ello, hay que aislarse un poco del grupo, sin explicación, y jugar un poco a solas. 

 

 

 


0 comentarios